DEAUVILLE ASIA 2010: THE SWORD WITH NO NAME

Publié le par Scorpio

THE SWORD WITH NO NAME 3Ja-young, la future reine du royaume Joseon (Corée) fait la rencontre du mystérieux mais sympathique Moon-Myoung. Le jeune garçon en tombe amoureux et se fait le serment de la protéger et va incorporer la garde royale pour se rapprocher d’elle. Il va avoir fort à faire en cette période troublée par l’arrivée de nombreux étrangers et de japonais réticents à l’ouverture de la Corée vers le monde occidentale.

PAR LA POINTE DE L’EPEE

Avec un tel pitch on peut s’attendre à un spectacle digne des grandes productions récentes asiatiques, tel que The 3 Kingdoms (John Woo), The Warlords (Jet Li, Andy Lau), voir (plus ancien) du coréen Musa. Il n’en est malheureusement rien, et c’est bien dommage, car le film reste pourtant bourré de bonnes intentions.

A trop vouloir en faire, Kim Yong-Kyun en oublie de se concentrer sur tous les aspects de son film. Pourtant, chaque élément en est formellement plutôt réussi, mais il n’y a jamais de parti pris ne serai ce que sur le genre de film que l’on est en train de voir : histoire d’amour ? Film historique ? Film de fantasy ? Ce fourre-tout fait que l’on ne sait jamais sur quel pied danser ni quelle attitude prendre par rapport aux images. Alors que dans chaque style, le réalisateur aurait créé une histoire bien au dessus de la moyenne, il se perd et nous par la même occasion par la faute de son indécision stylistique. 

L’ouverture du film, avec une scène montrant un temple se faire réduire en cendres et ses disciples massacrés dont les parents du héros. Citation directe à Conan The Barbarian de John Milius (dans les deux films les héros voient leur mère se faire décapiter sous leurs yeux), on peut s’attendre à un grand film de vengeance, mais il n’en est point ! Pire encore, on peut s’attendre à ce que les différents religieux (à l’origine de la destruction du temple) soient au centre du récit, mais il n’en est rien….on se sent un peut rouler par tant de promesses de cette scène d’ouverture.

THE SWORD WITH NO NAME 4

Le choix de partir sur un film historique est assez motivant, car c’est une période très intéressante de l’histoire de l’asie en générale et de la Corée en particulier, surtout au niveau de ses relations avec la Chine et le Japon. Le personnage centrale du récit, la reine Ja-young fut un personnage historique clé de cette période. Malheureusement le réalisateur prend le parti de ne pas respecter la réalité historique et d’en utiliser le fond pour créer une histoire d’amour fictive. De ce point côté la, autant le personnage de Moon-Myoung est attachant, que la reine reste assez insipide tout le long du récit.

On laisse finalement une chance au film en se disant que les combats vont rattraper le tout, mais une fois de plus la déception se fait ressentir. Outre le héros et son sabre original (une arme qui fera plaisir aux aficionados de Final Fantasy 7),  le personnage du garde du corps de la Reine, censé être le meilleur combattant du pays, ne manque pas non plus de charisme. Leur duel reste assez épique, pas tant au niveau des enjeux, mais plus dans la mise en scène du combat et l’idée proposée : quasiment aucun cut et un long plan séquence constitué de mouvements numériques. Du neuf ? non, vous aviez probablement déjà vu ça (et en mieux) dans Blade II de Guillermo Del Toro. Cela fait plaisir de voir donc une telle initiative à une époque ou la mode est la surenchère du surdécoupage, mais ce n’est pas le lieu pour de tels combats ! Il y a dès lors un décalage stylistique énorme entre les scènes de combats et le reste du film (le ridicule est atteint lorsqu’en combattants en intérieur, nos héros se retrouvent sur un fond représentant un glacier !). Heureusement la fin du film se retrouve filmée de façon plus modeste et donc efficace et propose de vrais moments de bravoure de la part des héros.

The Sword With No Name n’est donc pas un mauvais film, mais plutôt un patchwork de ce qui auraient pu être 3, voir 4 bons films, mais dans des genres différents. Dommage, car il ne manque pas de bonne volonté, juste d’identité.

Scorpio (Pour abus de ciné)

 

THE SWORD WITH NO NAME de Kim Yong-Kyun

 

Deauville 2010 :

SYMBOL - THE MISSING GUN - BAD BLOOD - CLASH - PTU : COMRAD IN ARMS

 

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