Gui la testa ! / Il était une fois la révolution

Publié le par Scorpio

A l'époque de la révolution mexicaine (1913) les chemins de deux hommes que tout oppose vont se croiser. Juan est un voleur parcourant les terres mexicaines avec sa famille afin de s'enrichir, John est un ancien membre de l'IRA spécialiste des explosifs venu au Mexique pour travailler dans les mines d'argent. Alors que Juan tente désespérément de persuader John d'attaquer la banque de Mesa Verde, ce dernier rentre en contact avec des révolutionnaires. Nos deux héros vont se retrouver, malgré eux, pris dans l'Histoire de ce pays.


DUCK, YOU SUCKER !


Il était une fois la révolution est un film marquant un tournant dans la carrière de Leone comme le fut Pour une poignée de dollars six ans plus tôt (et surtout quatre chefs-d'oeuvre plus tôt). Bien que le film soit classé dans la catégorie Western la plupart du temps, il n'en est pas un et Leone ne le considère pas comme tel non plus. Pierre angulaire également de sa trilogie américaine, le métrage se rapproche plus des films de Sam Peckinpah que sont The Wild Bunch (La horde sauvage), Pat Garrett And Billy The Kid et The Ballad Of Cable Hogue (Un nommé Cable Hogue) réalisés à la même époque et traitant du même sujet : la fin de l'Ouest et l'adaptation de ses dinosaures dans le monde moderne. C'est d'ailleurs Peckinpah qui devait réaliser le film avant que le scénario se retrouve finalement sur le bureau de Sergio Leone.


Si dans Il Buono, Il Brutto, Il Cattivo (Le bon, la brute et le truand) nos personnages ne s'intéressent qu'à une seule et unique chose, un trésor, et se moquent des événements se déroulant autour d'eux (la guerre de sécession), Juan et John sont pris malgré eux dedans et n'ont d'autre choix que de suivre le mouvement : Adieu les dollars, bonjour la révolution ! L'évolution (annoncée avec l'arrivée en gare du train de Once Upon A Time In The West / Il était une fois dans l'ouest) est en marche et personne ne peut y échapper, pas même ce bon vieux Juan (renvoyant parfois au personnage de Tuco)! Le rêve américain se profile.


YOU TAUGHT ME ONE THING, YOU IRISH BASTARD: HOW TO GET FUCKED!

- Juan


Mais l'élément principal du film reste tout de même cette révolution. Révolution intemporelle (le carton d'ouverture est un extrait du petit livre rouge de Mao) car Leone inclus des éléments provenant de diverses folies et massacres dont nous avons été capables (le massacre des mexicains peut renvoyer à la Shoah (tout comme le bad guy du film au look assez aryen), et de nos pires défauts (la traîtrise, la violence, le racisme...) à l'encontre de cet espoir révolutionnaire rêveur et pas toujours juste. Comme le dit si bien Juan :  « Ceux qui lisent des livres vont voir ceux qui n'en lisent pas, les pauvres et les incitent au changement, à la révolte...mais c'est toujours pareils, les pauvres sont morts alors que les autres mangent et parlent...et qd tout est fini, il y a une autre révolution et tout recommence ». Les deux personnages ne ressortirons pas intacte de cette révolution, et verront leur vie bouleversée en bien comme en mal, qu'ils en sortent sereins, apaisés, grandis malgré leurs pertes douloureuses, car comme dans toute révolution il y a un pris à payer, ne serait ce que celui de l'innocence.


Scorpio


 


GIU LA TESTA (1971) (autres noms : A Fistful Of Dynamite (Titre américain), Duck, You Sucker (1er titre américain), Il était une fois la révolution (Titre français)

Un film de Sergio Leone

Avec Rod Steiger, James Coburn, Romolo Valli (Dr Villega), Antoine Saint-John (Gutierez / Col. Gunther Reza)

Musique d'Ennio Morricone 


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