KING OF THE WORLD : JAMES CAMERON

Publié le par Scorpio

Question Cinéma. Nous cherchons le nom d'un réalisateur. Un indice pour vous, derrière votre écran.

 

james-cameron« Autoproclamé Roi du monde »

 

Top. Né le 16 aôut 1954 au Canada, je suis diplômé en physique mais prend un emploi de camionneur tout en commençant à écrire des scriptes. La vision de Star Wars en 1977 est un déclencheur de mon envie de concrétiser ma passion pour le grand écran. Je travail d'abord comme assistant sur des films de Roger Corman et tourne même quelques plans pour Escape From New York / New York 1997 de John Carpenter. Parmi mes scénarios on peut compter notamment ceux de Rambo II et de Strangedays. Je passe à la réalisation avec un film de commande Piranha 2 qui se trouvera être le seul échec de ma carrière. Par la suite, je ne vais tourner que des succès critiques et publics, The Terminator sur lequel je vais rencontrer un de mes meilleurs amis, Arnold Schwarzenegger, Aliens, The Abyss, Terminator 2 : Judgment Day, True Lies et Titanic. Le succès colossal de ce dernier me permet de réaliser mes plus grandes envies : la recherche sous marine et la création de nouvelle technologie. J'en tirerai 3 documentaires Expedition : Bismarck, Ghosts Of The Abyss / Les fantômes du Titanic et Aliens of the Deep. Après un court passage à la production télévisuelle avec la série Dark Angel, je reviens sur les écrans des salles obscures avec le très attendu Avatar. Je suis également connu pour mon fort caractère sur les plateaux et ma collection d'ex-femmes. Je suis ? Je suis ? 


KING OF THE WORLD: JAMES CAMERON

 

Cinéaste de talent dont chacun de ces films s’est vu récompensé d’un succès à la fois critique comme public, James Cameron a toujours su répondre aux attentes de son public tout en restant fidèle et intransigeant quand à sa vision du cinéma d’exploitation moderne. Celui que tout le monde attend au tournant après une « absence » de 12 ans depuis le paquebot cinématographie Titanic est rentré dans le milieu du cinéma avec une certitude en tête : Il pouvait faire mieux que ce qu’il voyait à l’écran…et il comptait bien le prouver.

 

Ce qui transpire dans tous les films de Cameron (même le 1er Piranha 2, le seul loupé, le seul navet de sa carrière, mais nous y reviendrons) c’est une volonté d’arriver à son but coute que coute, peut importe les moyens, peut importe les contraintes. Si Big Jim (comme on l’appelle) a une vision, soyez sur que vous allez la voir sur votre écran et que vous en aurez pour votre argent. Comme il le dit lui-même : « On dit de moi que je suis perfectionniste, mais c’est faux. Je recherche juste à bien faire les choses. Je le fais jusqu’à ce que ça soit bien fait, puis je passe à la suite ». Pour cela, Cameron va acquérir très rapidement (dès The Terminator) une réputation de réalisateur difficile à vivre et très exigeant et sur chaque tournage on peut voir des techniciens arborant des T-shirts exprimant leur fatigue et la difficulté de leur boulot, comme « Je peux tout supporter : j’ai travaillé avec James Cameron » ou « Terminator 3 ? Pourquoi pas, mais sans moi ! ». Mais Cameron n’est pas un tyran car, oui, il est conscient de cette discipline, mais il se l’impose également : « Je pousse les gens à obtenir le meilleur d’eux-mêmes et je m’applique la même chose. Si je rentre à la maison en fin de journée et que mes mains ne sont pas noires, j’ai l’impression d’avoir gâché une journée ».

 

Passionné de sciences, c’est logiquement vers ce genre cinématographique que sa carrière va débuter. Dès The Terminator, on va retrouver des thèmes récurrents qui reviendront tout au long de sa carrière (et elle est loin d’être terminée pour notre plus grand plaisir). Cameron a une idée bien définie sur les rapports entre l’être humain et la technologie. On retrouvera donc souvent dans ses films une catastrophe, un événement négatif qui en découle mais le/les héros trouveront leur salue, la victoire grâce à cette technologie après l’avoir comprise et utilisée à bon escient. Ainsi, dans Aliens les marines sont décimés par les extraterrestres car ils se reposent sur une puissance de feu technologique devenue inutile mais Ripley s’en sortira en apprenant à « apprivoiser » et à utiliser ces armes. Dans Titanic c’est une trop grande confiance de l’être humain en une « supériorité » sur la nature grâce à la technologie qui coutera la vie de milliers de personnes, mais c’est également le télégraphe qui sauvera la vie d’une centaine. C’est la façon dont nous pouvons maitriser les sciences sans qu’elles nous maitrisent (que nous en soyons dépendent) qui intéresse Cameron. Ses deux film sur le personnage du Terminator en sont la parfaite représentation.  Nous avons créé un ordinateur qui estime que l’humain est nuisible (Skynet) mais c’est au contact d’un enfant (John Connor) qu’un robot apprendra à connaître l’humanité et à la défendre. Et il est intéressant de noter que dans les deux films, les robots tueurs sont éliminés grâce à une technologie censée construire quelque chose (une presse hydraulique et une fonderie) et pas par une quelconque arme surpuissante.

 

james cameron camera

On en retrouve peut être un écho dans sa vie conjugale (5 mariages en 30 ans…dont l’une de ses productrices, Gale Anne Hurd, 2 de ses actrices, Linda « Terminator » Hamilton et l’actuelle Suzy « Titanic » Amis et une réalisatrice Kathryn Bigelow), mais ce qui ressort le plus de la filmographie de James Cameron ce sont les personnages féminins. Dans tous ses films, le rôle féminin est très important et (très souvent) le mieux écrit. C’est ce qui réussira à convaincre Sigourney Weaver de rempiler sur Aliens après le film de Ridley Scott. A chaque fois cette femme va devenir une guerrière prête à tout pour défendre sa famille ou ses amis (Anne dans Piranha 2, Sarah Connor, Helen Tasker dans True Lies, Mace dans Strangedays de Bigelow…et même Ripley en défendant sa « fille d’adoption » dans Aliens) ou une cause pour laquelle elle sera prête à donner sa vie si il le faut (Co Bao dans Rambo II, Lindsay dans The Abyss et même Rose dans Titanic). Une chose est sûr, mieux vaut ne pas se trouver sur le chemin d’une héroïne caméronienne si elle en a après vous !

 

 

Si vous regardez l'oeuvre de Cameron dans son ensemble vous remarquerez qu'il y a d'autres thèmes liés à sa filmographie. Le sujet du nucléaire (en dehors de Titanic forcément) en est le principal. La bombe atomique est le point de départ de The Terminator (et de sa suite), c'est également un moyen envisagé pour tuer les aliens et une menace dans The Abyss et True Lies. Et puis, Cameron aime glisser des plans qui sont l'équivalent d'une signature, d'une marque de fabrique. On trouvera à chaque fois un personnage (le héros de préférence) qui se fait mordre au bras (Michael Biehn dans chacun de ses films), une scène d'action dans laquelle l'un des protagonistes passe à travers une vitre (il se cite lui même en réutilisant quasiment le même plan dans les 2 Terminator et dans True Lies)...C'est aussi un adepte du montage « propre » bien que cadrant ses scènes d'action de très prêt (et donc à l'opposer du montage « en cut » trop présent de nos jours). Le dernier point important reste l'utilisation dans sa mise en scène de plans proposant la vue à la 1ère personne : c'est bien entendu le cas lorsque l'on adopte le point de vue du robot tueur/protecteur, mais également avec les caméras portatives des marines d'Aliens, de l'extraterrestre de The Abyss ou du paquet de cigarette de True Lies. Même Titanic possède ce plan « signature » qui aura inspiré beaucoup de monde dans le domaine....du jeu vidéo.

 

Bien qu'il soit un artiste entièrement dévoué à son art, il n'oublie pas cependant d'aider et de faire participer ses amis, sa « famille » dans tous ses films. Son grand ami Arnold Schwarzenegger en est le principal héraut, mais il ne faut pas oublié le trop rare et excellent Michael Biehn (4 films), Bill Paxton (4 films) et Jeannet Goldstein, qui aura donné naissance au « quota » mexicain féminin du film d'action avec Vasquez d'Aliens et que l'on retrouve également dans T2 et Titanic. Son frère, Mike Cameron, un ingenieur développera grace à l'argent ammassé avec les films une partie de l'équipement nécessaire à The Abyss et les sous-marins ayant permis le tournage des docmentaires, comme Ghosts Of the Abyss / Les fantômes du Titanic.

 



james cameron avec des oscarsSi l'on doit qualifié le cinéma de Cameron, on peut parler de gigantisme et d'un cinéma qui repousse ses limites. « Bigger, Better and Louder » (« Plus Gros, Meilleur et plus fort ») c'est un peu son credo. Il est le 1er a dépasser la barre des 100 millions de dollars de budget avec T2 (et au passage révolutionne le système de distribution...de la même façon que Jaws / Les dents de la mer en 75), il est le 1er a dépasser celle des 200 millions avec Titanic et inaugurera celle des 300 millions avec Avatar. Si il ne l'avais pas fait, un autre aurai pris sa place, sans aucun doute, mais comme tout pionnier, accordons lui cet honneur, car avec lui, chaque dollar se voit à l'écran (même si un gros pourcentage passe dans le salaire de Schwarzy). Comme George Lucas, il va créer sa compagnie d'effets spéciaux, Digital Domaine, pour pouvoir donner vie à ses fantasmes de conteurs (le T-1000) et sait attendre le moment opportun pour tourner ses visions scénaristiques (Avatar est écrit depuis plus de 10 ans, mais il aura fallut attendre les effets développés pour Le Seigneur Des Anneaux pour pouvoir lancer la production). Il ira jusqu'à créer des décors gigantesques et fidèles au modèles d'origine pour Titanic, son oeuvre dantesque. Pour l'anecdote, Cameron avait scotché des lames de rasoir sur le côté de la table de montage avec l'inscription « A utiliser si le film craint ».

 

Le réalisateur qui aura été la plus grande inspiration pour la carrière de Cameron est sans conteste le regretté Stanley Kubrick, que ce soit dans la gestion de plateau (Kub' avait la même réputation), dans le résultat final (chaque dollar est visible à l'écran) ou dans la volonté de se renouveler. Cameron le cite d'ailleurs : « Je me rappelle avoir été à chaque film de Kubrick avec d'énormes attentes, je me demandais si il arriverai à me surprendre à chaque fois et il y arrivait. J'ai appris ça de Kubrick ne jamais refaire la même chose ». Kubrick est cité dans de nombreux films de Cameron : Le tricycle de The Shining est présent dans The Terminator et Aliens, et The Abyss est à l'océan ce que 2001 est  l'espace. C'est d'ailleurs d'après cette volonté de se renouveler que Cameron refusera Terminator 3.

 

Quand les producteurs de la saga lui propose de rempiler, il accepte pour un temps juste par orgueil. C'est lui qui a tourné les 2 épisodes précédents et c'est à lui de tourner la suite, à personne d'autre. Mais comme il estime qu'il n'a plus rien à raconter sur cette saga, il laisse sa place à quelqu'un d'autre. Il ne veut pas faire un « 3 » juste pour dire de faire un « 3 » et préfère consacrer 1 an et demi de sa vie à des projets originaux. Il ne manquera pas de donner son consentement à son ami Arnold, qui ne voulait pas le trahir, en lui conseillant de leur faire « cracher un maximum de blé » pour son salaire. Il a toujours su conseiller ses amis le père Jim.

 

Après 12 ans d'absence dans le cinéma d'exploitation, Jim Cameron est donc prêt pour la seconde partie de sa carrière. La technologie actuelle lui permettant enfin de réaliser ses fantasmes de cinéphiles, nous devrions nous attendre à de nouveaux chef-d'oeuvres du maître dont Avatar n'est peut être pas le messie, mais bel et bien le prophète annonciateur.

 

 

CV artistique sélectif :

 

2009 – Avatar

2005 – Aliens Of The Deep

2003 – Ghosts Of The Abyss

2002 - Expedition Bismarck

1997 – Titanic

1995 – Strangedays (Scénario uniquement)

1994 – True Lies
1991 – Terminator 2 : Judgment Day

1989 – The Abyss

1986 – Aliens

1985 – Rambo : First Blood Part II (Rambo II) (Scénario uniquement)

1984 – The Terminator

1981 – Piranha 2 (réalisation partielle uniquement)

 

 

 

 

Scorpio, pour Abus de Ciné.

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