LUMIERE 2010 : Un festival sur la lune !!!

Publié le par Scorpio

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Nous y sommes.  Armé de son Moleskine et de son Macbook, appareil photo en bandoulière et accréditation pendue autour du coup, le festivalier cinéphile et cinéphage peut désormais arpenter les rues de lyon, de salles en salles à la (re)découverte des chefs-d’œuvres et classiques tant attendus.  Il est dans son élément, il a ses repères et s’y sent bien. Après une ouverture sous la pluie la veille (un temps pour aller au ciné), la « Lumière » des salles obscures l’attend.

Journée entamée par (le pas assez vu) « Man On The Moon » de Milos Forman, biopic du comédien de Stand-Up « O.V.N.I. » Andy Kauffman et interprété par un Jim Carrey au sommet de son art. Décidément, avec la projection de « Lenny » de Bob Fausse qui a lieu dans la salle voisine, les comiques sont à l’honneur dans ce festival  et ce n’est pas Lea Drucker et Marina Fois qui vont nous contredire. Venues présenter le film de Forman en improvisant un numéro muet (qui ne fut pas de tous les gouts…oui, il y avait une école dans la salle, qui n’a rien compris à ce happening…ni au film d’ailleurs) pour le moins efficace et représentatif du talent et de l’art de Kauffman.  « Man On The Moon »  est une histoire touchante et sincère sur l’homme et l’artiste, le rapport à la scène et au public d’un homme dont le seul but était de rire de la vie et de nous faire réagir. Forman lui rend pleinement hommage en nous permettant de comprendre un minimum qui il pouvait être et d’analyser son processus créatif comique hors du commun.

Les chefs-d’œuvre s’enchainant dans la carrière de Forman, à croire que l’Homme n’a fait que ça (il mérite donc bien sa place d’invité d’honneur), le festivalier, qui, plongé dans son univers, se retrouve à parler de cinéma avec plein de monde à hâte d’enfin découvrir « Vol au dessus d’un nid de coucou » (oui, je sais, mais on ne peut pas  avoir tout vu). Ah….la même classe assiste à la projection. Le festivalier serait il devenu élitiste et sauvage ? Non, il a simplement envie de profiter de son film tranquillement…et qui sait ? Espère-t-il qu’à la sortie de cette projection, le film ait donné envie à l’un d’entre eux de faire ou d’écrire un jour sur le cinéma. C’est finalement ça le but de ce festival, la transmission d’un héritage culturel destiné à tous.

« Vol au dessus d’un nid de coucou », film culte des années 70, ne se présente plus, ou presque. Casting impressionnant : Jack Nicholson, Louise Fletcher, Dany Devito, Christopher Lloyd, Bard Dourif dans l’un de ses 1ers rôles…même cette bonne vieille sale gueule de Michael Berryman est de la partie.  Œuvre contestataire et dénonciatrice de l’univers trouble et troublant qu’est le milieu psychiatrique à cette époque, métrage rebelle, Milos Forman transpose et transcende un roman lui aussi ultra culte.  Nicholson y est tout simplement impressionnant de rage et de soif de justice et l’on voit finalement mal comment quelqu’un d’autre aurait pu s’approprier avec autant de justesse le rôle de McMurphy (Michael Douglas, producteur du film, voulait jouer le rôle à l’origine). Le public lyonnais fut impressionné et bluffé par le métrage…et déçu par l’intervention, pourtant émouvante, de Marianne Denicourt, qui spoil la fin juste avant de rendre son micro en révélant de destin qui attend notre héros. Echec critique de part !

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La soif de cinéma pousse notre festivalier à continuer sa quête. Direction l’Institut Lumière pour l’étancher avec une autre soif, celle du mal, du génie qu’était Orson Welles.

Précédé d’un long entretient avec Jim Harrison, auteur des « Légendes d’Automne » et d’autres grandes œuvres, mais également ami d’Orson Welles, l’homme n’a pas vraiment parlé du film mais a livré un témoignage fort intéressant sur la vie à la frontière américano-mexicaine, lui qui se retrouve au centre du récit de Welles. « La soif du mal » probablement le film noir ultime est, comme d’habitude chez Welles (c’est quand même le mec qui a réalisé l’un des 3 chefs-d’œuvre officiels de l’Histoire du ciné… « Citizen Kane » pour les deux du fond), en avance sur son temps techniquement (l’ouverture sur un long plan séquence) et dans l’écriture. Histoire sombre, pessimiste, emprunt d’un vice et d’allusions sexuelles rates pour l’époque (nous sommes toujours en plein code Hayes) et narre l’affrontement entre le héros blanc comme neige interprété par Charlton Heston et le flic badass et énorme joué par Orson lui même.  Une chose est sur, c’est que le bonhomme sait ce mettre en scène tant son personnage bouffe l’écran !!!

Dernière ligne droite de la journée pour notre festivalier préféré avec la séance hommage à Anthony Quinn et la projection de « Zorba le Grec ». C’est en présence d’un Bertrand Tavernier (qui n’avait jamais vu le film), de Tony Gatlif et de Madame Quinn que l’on redécouvre les films d’un acteur trop souvent oublié mais qui possède sa place « parmi les immortels » comme dirait Gatlif. Chapeau l’artiste.

Le festivalier peut désormais rentrer se coucher, mais il devra avant tout décoder les pages noircies de son Moleskine, trier ses photos et rédiger l’artcile que vous êtes en train de lire.

Demain est un autre jour.

 

Scorpio

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