Retour (vers le futur donc) sur 2012 et défense du cinéma catastrophe (ique) américain

Publié le par Scorpio

Bon au cas ou vous ne le sachiez pas, 2012, le film qui vient de faire un ras-de marrée au box office, est le film de catastrophe ultime. On n’y croit pas une seconde, le héros est encore plus fort que Chuck Norris, mais qu’est ce que c’est bon ! C’est bien foutu, on en prend plein les yeux et on est scotché à son siège pendant plus de 2h et c’est ce que l’on demande lorsque l’on va voir ce genre de film. 

Oui, on peut reprocher plein de choses au film, mais les excuses se trouvent assez rapidement. La 1ère critique négative, celle que j’ai le plus entendue (et que l’on entend 1 fois sur 3 concernant les films d’outre atlantique) : Ah ben bien évidement le héros est américain… il n’y en a toujours que pour eux…ils ont toujours le bon rôle…Il faut toujours que ça se passe chez eux…Ok, je vous l’accorde, maintenant écoutez moi (enfin lisez moi, car je ne donne pas encore dans le podcast) : admettons, on déplace l’histoire à Aubenas (07, l’Ardèche) je pense quand même que vous trouverez l’histoire moins intéressante et moins spectaculaire…mais ca ne se passera plus aux états unis, ce n’est pas ce que vous vouliez, non ? Non, parce que l’on cherche dans le cinéma en générale et le pop corn movie en particulier c’est non seulement de faire passer un message (je vous l’accorde ici assez naif) mais surtout de divertir le spectateur, à le faire rêver, à le faire voyager.

Faites la comparaison. Elle est facile avec 2012 puisque vous pouvez le comparer au récent film français Les derniers jours du monde. Les deux parlent de la fin du monde. L’un se passe en France, l’autre aux States. L’un n’a rien d’excitant, l’autre vous colle à votre siège. L’un est prétentieux (une bonne façon de cacher un manque incroyable d’imagination et de budget en France), l’autre non. L’un est un échec, l’autre non. L’un est un mauvais film, l’autre non. Il y a plein d’exemples comme ça. Généralement, lorsqu’un réalisateur « européen » arrive à conjuguer tous les bons éléments d’un film de genre sans y ajouter les ingrédients géographiquement et historiquement américains (monuments, drapeau, traumatisme post-vietnamien,…) on dit que c’est un vendu, qu’il a voulu faire son « américain » (les rivières pourpres, Nid de guêpes,...). La plupart du temps ce réalisateur fini par se casser à l’étranger pour un succès plus mérité et plus reconnu (Hostage, Alien Resurrection…).



Disons le clairement : le spectateur qui va voir un film catastrophe veut voir des buildings immenses être explosés alors que le héros les traverse en voiture ! On veut voir un mec faire la course avec une éruption volcanique tout comme on veut voir Spider-man à New York et pas à Melun. Pourquoi ? Mais parce que c’est quand même beaucoup plus bandant d’exploser New York et Los Angeles que de détruire Toulon et St Etienne ! De la même façon que l’on préfère voir gens beaux dans un porno plutôt que des moches, des voitures de sport dans une poursuite plutôt qu’un voiture électrique ou sans permis : le cinéma est fait pour nous sortir du quotidien ! Et c'est ce qu' Emmerich a condensé en un métrage. Le devoir familial, l'unité humaine face à l'extinction, le pardon, le sacrifice...tout ça finalement n'est qu'un prétexte pour voir un déluge de lave, d'eau d'héroïsme primaire. Emmerich avait déjà réduit des villes entières en cendres, la il se fait la planète. Une très belle façon de peut être signer le film catastrophe ultime alors qu'il en a été le maître ses 15 dernières années. On retrouve tous les éléments du genre ainsi que de multiples références que ce soit à d'autres films de destruction ou de survie contre les éléments (Tremblement de terre, Deep Impacte, The Poseidon....et pas Titanic) et à des chefs d'oeuvres de la Science Fiction (Star Wars, Star Trek). Emmerich veut tout casser et il le fait! Il se permet même de répondre à ses détracteurs dans la scène dite « du chien » référence à une des critique les plus marquante qu'il avait reçu sur ID4 – Independence Day: Oui, Emmerich sauve le chien, et il nous emmerde! Tel le doigt que la blonde de service adresse à une foule symbolisant à la fois ses détracteurs et ses critiques.

2012 est un point final décomplexé et jouissif d'un réalisateur ayant abordé le genre sous tous ses aspects, prônant l'égalité d'une oeuvre comme la sienne au côté de  « grands classiques » reconnus et adulés. Un moyen de boucler une boucle commencée avec ID4 et d'opérer un retour aux origines (voir cet article) à la manière de ses survivants débarquant en Afrique après le déluge (d'ailleurs pour ceux qui voient la un message pour l'éclosion de l'Afrique, ils se trompent...c'est un retour aux sources qu'opèrent les héros...dois je vous rappeler l'origine des espèces?)

Arrêtons donc cette pseudo croisade intellectuelle contre le cinéma dit « ricain ». D’autant que la plupart des « croisés » trouvant que « 2012 c’est trop con » n’ont d’une part jamais vu ni Kurosawa ou Kubrick (donc n’y connaissent rien en matière de cinéma) et d’autre part, vont se jeter sur Secret Story dès leur retour à la maison….à bon entendeur….

 Scorpio

2012 (2009)
Un film de Roland Emmerich
Avec John Cusack, Amanda Peet, Chiwetel Taylor...

Lire aussi : 2013 - L'année 0 

 

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Cécile 20/11/2009 05:00


Wai, le cinéma, c'est de la politique


rémi 18/11/2009 00:14


si 2012 est le film catastrophe ultime alors ta comparaison avec les derniers jours du monde est elle aussi ultime et j'aime ça!


Scorpio 18/11/2009 07:20


Thanks! je savais bien que tu allais aimer!