The Road : Pas Révolutionnaire...

Publié le par Scorpio

TheRoad2Sur une terre post-apocalyptique, un père et son fils tentent de survivre. Ils se déplacent sur une route les menant vers le sud. Afin de se protéger des bandes de pillards devenues cannibales, ils ont un pistolet contenant deux balles. L'une est pour le fils, l'autre pour le père.


En partant de ce pitch post-apo, John Hillcoat avait de quoi signer le mad max de ce début de siècle. Car en ces temps ou à chaque fois que la terre est un no man's land cinématographique, il faut qu'il y ait également des zombies, ici, pas de monstres. Pas ceux que l'on croit en tous cas.


Viggo Mortensen et son fils (le jeune Kodi Smit-McPhee....dernière fois que j'écrit son nom dans l'article....) représentent, au début du moins, les derniers semblant d'humanité. Une volonté de vivre, de survivre dans ce monde devenu dégénéré (mais il l'était quand même déjà bien avant....). Car en des temps exceptionnels, nous sommes tous forcés à changer et à jouer avec les règles imposées par la nature. Le jeu ici, c'est la survie en terrain hostile, la recherche du moindre bout de nourriture même si ce ne sont que des mouches. Les priorités changent vite quand c'est la nécessité qui dicte notre survie (voir ce plan ou Viggo marche sur un coffret remplie de bijoux et de billets de banque, sans y accorder le moindre intérêt). Le duo père/fils essaye coûte que coûte de rester des « gentils » comme le dit si bien l'enfant, mais ou se trouve cette limite entre le bien et le mal quand on a tout perdu. On a pu le voir malheureusement récemment, prenez des événements comme Katrina, et l'homme est bel et bien prêt à devenir un animal pour survivre. C'est sur cette « route » dirigée vers le sud, cette pente que Viggo va petit à petit s'engager sans s'en rendre compte. La survie justifie t elle l'abandon des autres ? La manque justifie t il l'égoïsme à son paroxysme ? Le malheur justifie t il de rendre les autres encore plus malheureux ? A t on le droit de donner la vie quand tout est perdu ? Autant de questions et de combats contre des démons intérieurs que le père et l'enfant se posent et affrontent.


TheRoadViggo

Dans ce monde, la plupart des survivants ont fait le choix de piller, violer, tuer et de pratiquer le cannibalisme. C'est la vision « Mad Maxienne » habituelle, car probablement réaliste de ce qui arriverait dans cette situation. Ce qui nous empêche toutes ces pratiques c'est finalement parce que notre morale nous l'interdit, mais surtout parce que la loi ne nous y autorise pas. 


Avec toutes ces thèmes forts, une interprétation juste de la part du gosse, intéressante de la part de Viggo et bluffante en ce qui concerne Guy Pearce et Robert Duvall et un respect des codes du film post-apo (bandes organisées, survie, décors délabrés....) The Road avait tout pour être un excellent film. Il se retrouve malheureusement plombé par des flashbacks pas toujours les bienvenues, et des scènes assez maladroites dont la palme revient à la scène de la canette de « coca » (on se croirait dans Behind Enemy Lines avec Owen Wilson).


Tout comme cette route, le film ne possède d'ailleurs pas de début ni de fin....et tout comme les héros, on reste sur la notre.


Scorpio.


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