Un autre monde avec la sublime Louise Bourgoin

Publié le par Scorpio

Au terme de 5 jours merveilleux passés à Cannes pour ma 4ème participation, c’est dans une ambiance complètement folle que l’équipe d’Abus de Ciné (et donc de Dagoblog) s’est rendue à la projection de minuit de « L’autre monde » de Gilles Marchand avec Louise Bourgoin. Après avoir monté les marches et s’être confortablement installé dans la salle, l’engouement fut tout autre devant un film qui a divisé l’équipe.

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Gaspard et Marion, sa copine, trouvent un téléphone portable. Ils y reçoivent un message mentionnant un jeu vidéo on-line, Black Hole, ainsi que d’une rencontre entre deux personnes. Curieux, ils vont décider de suivre ce couple et tomber sur … une jeune fille aussi belle que mystérieuse.

LE MAUVAIS COTE DU MIROIR

Ce n’est pas tant le fait de vouloir traiter, entre autre, d’un sujet bien d’actualité (les jeux vidéo on-line) sans le comprendre et le maitriser, mais un manque cruel d’ambition, d’identité et d’écriture qui fait de cet « autre monde » un film complètement plat et bancal.

En partant d’une scène qui aurait pu donner suite à un thriller tout à fait correct (deux jeunes trouvent un portable qui ne leur appartient pas et décident d’y répondre), Gilles Marchand est capable d’accoucher d’un film qui va d’une part vous plonger dans un autre monde, celui de l’ennui et surtout, rajouter une arme de 1er choix à tous les détracteurs partant en croisade contre les jeux vidéo et leurs sois disant dangers. Car  les problèmes que rencontres nos héros dans le film ne sont pas du aux jeux, ceux si ne sont qu’un moyen comme un autre de les amener, mais l’assimilation jeu/internet/danger est bien facile, en raison de la lourdeur de la mise en scène à faire passer ce média pour une drogue, voir comme une arme.

Les scènes de la vie réelle bénéficient d’une réalisation digne d’un téléfilm, le dernier tiers nous amenant vers un pseudo twist sans saveur, tellement qu’il est prévisible et surtout amener avec un manque d’envie et d’originalité inquiétant (un champ/contre-champ entre les deux protagonistes par écran interposé, c’est tout ? c’est une blague ?). Les scènes du monde virtuel sont d’une laideur incroyable et complètement à côté de la plaque de ce que peut être un jeu vidéo on-line, qui reste apparemment traité sans connaître le sujet. Gilles Marchand n’a certainement pas beaucoup d’heure de jeu à son actif et ne sait véritablement pas de quoi il parle. C’est un comble, car comme un comédien effectuant des recherches sur son rôle, lui, aurait du en faire sur son sujet.

Un des seuls aspects positifs du film reste le quatuor de comédiens principaux. Ils trouvent tous bien leur rôle et, malgré le fait qu’ils souffrent d’une direction d’acteur catastrophique, arrivent bien à créer des personnages réalistes et touchant, particulièrement Grégoire Leprince-Ringuet (vu le même jour à Cannes dans le très bon « La Princesse de Montpensier » de Bertrand tavernier) et la magnifique Louise Bourgoin, parfaite dans son rôle de fille mystérieuse.

Vous pouvez facilement passer votre chemin, car le seul monde vers lequel « L’autre monde » risque de vous emmener, c’est celui du silence.

Scorpio pour Abus de Ciné

 

L'AUTRE MONDE (2010)

De Gilles Marchand

Avec Grégoire Leprince-Ringuet, Louise Bourgoin, Melvil Poupaud

 

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