Retrospective James Cameron part 4 : The Abyss

Publié le par Scorpio

the-abyss.jpgAujourd'hui, par temps de pluie, la rétrospective James Cameron, en collaboration avec Terres Inconnues vous invite à enfiler votre tenue de plongée et à (re)prendre votre souffle.

Après le succès largement mérité des aventures futuristes guerrières de robots et d'aliens, James Cameron va accoucher d'un film aquatique mêlant habilement technologie et rencontres du troisième type : Piranha 3 ? Non, car cette fois le maître nous la met bien plus profond et nous entraîne dans les recoins les plus sombres de l'océan avec The Abyss, qui est à l'océan ce que 2001 est à l'espace.

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Un sous-marin nucléaire américain est attaqué et s'échoue au fond de l'océan. La Navy envoie une unité de Seals pour collaborer avec des ouvriers travaillant au fond de l'eau se trouvant à proximité de l'incident afin d'enquêter sur cette attaque qui pourrait être d'origine soviétique. Mais nos plongeurs ne sont pas seuls.

Fils d'ingénieur, diplômé en physique, Cameron s'est toujours intéressé à l'eau et à la technologie. Les succès de ses précédents films lui permettant d'avoir carte blanche sur son prochain projet (carte blanche qu'il ne lâchera désormais plus), Cameron décide de porter à l'écran cette histoire d'ouvriers sous marins confrontés à une situation exceptionnelle. Il prend Aliens à contre-pied puisqu'ici, ce sont les ouvriers les héros et pas les marines. N'oublions pas que Cameron fut camionneur pendant quelques années et connaît bien cette classe ouvrière. Il y a donc un peu de lui dans cette histoire. Les relations conflictuelles entre les deux personnages principaux Virgil « Bud » Brigman et sa femme Lindsay (Ed Harris et la trop rare Mary Elizabeth Mastrantonio) sur le point de divorcer renvoient également à la situation de Cameron et de sa productrice et future ex-femme Gale Anne Hurd. The Abyss est donc un des films les plus personnels de Cameron, peut être le plus jusqu'à sa période « documentaires ».

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Si The Abyss a marqué toute une génération de fans de SF à différents niveaux, son succès reste relatif au prêt du grand public, peut être pas encore prêt à la fin des années 80 à voir des mecs sous l'eau pendant plus de 2h. The Abyss est un succès, mais pas un raz-de-maré au box office comme le sont les autres films de Cameron. Sa notoriété le film, va plus l'acquérir lors de sa sortie en Laserdisc avec son montage de prêt de 3 heures, la véritable vision de Cameron et surtout la découverte pour son public des conditions de tournage plus qu'éprouvante. C'est sans aucun doute le film qui aura le plus laissé Cameron et tout l'équipe sur les rotules. Plus que le futur Titanic, malgré l'ampleur de ce dernier.

Goddammit, you bitch! You never backed away from anything in your life! Now fight! 

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En tournant la majorité de son film dans la cheminée d'une centrale nucléaire (dont la construction fut abandonnée à la moitié) immergée pour l'occasion et recouvert d'une bâche noire, l'équipe crée le plus grand plateau de tournage sous-marin au monde avec ses 175 millions de litre d'eau...et les difficultés (et les tensions qui vont en « découler ») ne font que commencer. En filmant depuis le fond du bassin, l'équipe doit respecter les cycles de décompression à chaque remontée. Afin de ne pas perdre de temps, Cameron décide de passer ses journées au fond de l'eau (il y visionne même les rush) ce qui est plus qu'éprouvant physiquement et moralement (essayez de passer déjà plus de quelques heures dans l'eau sous la pression et sans lumière)...il est même obligé de travailler la tête à l'envers afin de se soulager du poids continu de son équipement. Mais il n'est pas le seul à souffrir des conditions spartiates de ce tournage. Car étant déjà reconnu pour être un réalisateur « tyrannique » (un mec qui sait ce qu'il veut, quoi !), l'équipe va aussi en souffrir. Pour les acteurs principaux, Harris et MEM, ce sera le tournage le plus éprouvant de leur carrière. Ed Harris manque de se noyer,  les deux frôles d'hypothermie à plusieurs reprises, et Mastrantonio doit tourner une scène de noyade qui la pousse au bord du gouffre....avec une caméra vierge de toute pellicule (et doit donc tout recommencer). Mais comme le disait si bien Peter Jackson dans le making-of impressionnant sur The Return Of The King à une Miranda Otto au bord des larmes :  « La souffrance est passagère, le film est éternel » et ça James Cameron l'a toujours su. Il sait que c'est en poussant son équipe, aussi bien artistique que technique, dans leurs ultimes retranchements qu'il obtiendra la meilleur résultat à l'image. Celui qu'il a en tête, celui pour lequel le spectateur va payer, celui pour lequel on se souviendra de lui.

Abyss 

Et le résultat est là ! The Abyss est à l'eau ce que 2001 :  Space Odyssey est au vide spatial (en moins chiant, bien que sois fan du chef d'oeuvre de Kub'). Une fable fantastique sur la rencontre entre un homme (Bud/Dave) et une entité d'origine inconnue (Les extraterrestres/Le Monolithe) capable de changer la face du monde. On sait que Cameron est un adepte de Kubrick, la référence est donc évidente et Big James ne manque pas de citer le maître (voir le gros plan lors de la descente de Bud et les reflets sur son casque, qui renvoient aux plans sur Dave lors de son voyage cosmique). Ici pas de renaissance divine, un avertissement sur les dangers de l'affrontement nucléaire et de la guerre en général (thème décidément très cher à Cameron, le « Nuke » se retrouvant dans tous ses films en dehors de Titanic). Les effets spéciaux novateurs, précurseurs (et annonciateurs du futur « badass » en métal liquide) font parti de des 1ers CGI (Computer Generated Image) bluffant le spectateur. 

The Abyss est donc une oeuvre très personnelle et à part dans la carrière de Big James. On ne retrouve pas sa « famille » habituelle (Paxton/Goldstein/Schwarzy) en dehors de Michael Biehn dans son dernier rôle sur grand écran (mais pas en DVD...voir la version longue de T2) pour Cameron.

Ereinté (et divorcé) Cameron « will be back » quelques années plus tard avec ce qui deviendra un tournant dans l'histoire du film d'entertainement, au niveau des budgets (1er film à plus de 100 millions de $) et de la distribution, la 1ère (et malheureusement) unique suite de l'un de ses propres films : T2 – Judgment Day.

 

Scorpio

 

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